Mozambique. Départ pour Macanet, une plage où la baignade est possible dans l’Océan Indien. Nous avons rendez-vous à 10h (à l’exception de Julie et Léo qui visitent un autre paradis, Florent qui se repose, Doudou qui cuve et Dee qui manque mystérieusement à l’appel). Une heure et demie plus tard, nous n’avons pas bougé. Ici, il a fallu faire l’apprentissage de la patience, aujourd’hui, repos, l’attente est moins stressante. Le « riquiqui bus » arrive enfin et nous nous tassons à l’intérieur. On a plaisanté sur la durée du voyage, il y a eu un débat à propos de la couleur de l’eau, nous avons fait une halte en attendant que le riquiqui bus se hisse sur le bac. Pendant la traversée, j’ai tenu à deux mains le chapeau d’Isabelle, Patrick Puchavy a fait des photos et Tommy aussi. Une fois de l’autre coté, le riquiqui bus manque verser dans de sombres marécages, grosse frayeur et rires et nous voilà dans la gadoue en train de le pousser. Quelques ornières plus loin (une bonne demi-heure tout de même, le riquiqui bus peine sérieusement sur cette route cabossée), c’est l’Océan, ses vagues furieuses. Nous nous jetons à l’eau, buvons la tasse en s’agrippant les uns aux autres et les rires fusent entre deux vagues. Deux ans et demi passés ensemble dans la même école, dans deux mois, c’est la fin. Là, devant l’océan Indien, il y a quelque chose de la mélancolie que je ressens et que je chasse.

Un véhicule mal barré

Thabo et Tidisso
Jean-Paul a pris du large, je l’aperçois très loin. Essoufflée, assise au bord de l’eau, je regarde Thabo et Tidiso qui ne savent pas nager courir en criant se jeter dans les vagues et repartir aussi sec dans l’autre sens, apeurés.

lumière orangée et savannah
Mais nous avons faim. À la guinguette, nous avons attendu deux heures nos plats dans la lumière orangée. Nous avons vu le soleil décliner en buvant de la Savannah. Quand nos plats arrivent, il est vraiment temps de partir. Rosa nous attend tous pour dîner, le dernier bac est à 18h30. Victor (le professeur portugais de théâtre mozambicain ou inversement) que nous avons trouvé sur la plage en train de promener son chien a l’air inquiet. Ce n’est pas perceptible dans l’insouciance générale et je monte dans son quatre-quatre en riant !
Rodéo infernal sur la route cabossée. Au premier soubresaut, Isabelle perd ses lunettes et se jette dans les bras de Charlotte. Fou rire général. Entre temps, le chien s’est agrippé à moi en bavant. Victor est inquiet et maintenant je comprends : l’eau a monté là ou nous nous étions embourbés à l’aller. La route n’est praticable que pour le genre d’engin dans lequel nous nous trouvons et guère pour les riquiquis bus. Nous voyons le soleil disparaître et le bac faire un avant-dernier voyage.
Inquiets, nous scrutons la route avec les jumelles de Victor.
Je regarde les silhouettes dans le soleil couchant mais Victor nous appelle, il a mis le moteur en marche et Charlotte et moi courons le rejoindre, éperdues, pied nus dans la gadoue, j’ai égaré une sandale, tant pis, c’est l’aventure ! Le bac viendra nous chercher avant les marécages. Ils sont enfin là, les autres, ils ont laborieusement atteint l’entrée des marais et nous les découvrons dans la lumière des phares en compagnie d’un Portugais, cigare au bec, whisky à la main, son paréo multicolore coincé sous les aisselles et sa gueule de gros c(ol)on. Sauvés.
Maïanne Barthès, Maputo, dimanche 29 mars 2009
Le dimanche 29 mars. Le 28, nous étions chez Matchum !
Comment by Maïanne — 21 avril 2009 @ 21 h 59 min
De belles images. Bravo pour votre site.
Comment by jeak — 17 mai 2010 @ 18 h 32 min